Articles - ISRAEL
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(Source vérifiée)
19 octobre 2000
Malgré l’accord de Charm el-Cheikh, la paix est-elle morte ?
Israël : la peur et la colère.
Douze visages de l’angoisse, douze voix qui disent leur détresse et leur rage : nos envoyés spéciaux, Henri Guirchoun et Jean-Paul Mari, ont rencontré en Israël et en Palestine des hommes et des femmes qui vivent au coeur de la tourmente Netzarim (bande de Gaza)
ABOU YACOUB, POLICIER " Qu’on retire ces blindés de mon carrefour " Il bouillonne de rage, ne tient pas en place et vous pousse à découvert vers le carrefour de Netzarim, au centre de la bande de Gaza, où les affrontements ont duré deux semaines. " Regardez ! ", ordonne Abou Yacoub, le policier palestinien. On regarde et on ne reconnaît plus grand-chose. Bien sûr, le fortin militaire israélien est toujours là, bunker trapu aux allures de fin du monde, avec son grillage déchiré, ses tours et ses murs de béton noircis par les cocktails Molotov, entouré d’un jardin de pierres jetées par des manifestants qui ont laissé leur vie pour un tas de cailloux amassés au pied d’une forteresse conçue pour résister aux obus. Abou Yacoub insiste : " Regardez ! " Mais quoi ? Il n’y a plus le hangar derrière lequel s’abritaient les hommes de l’avant-garde palestinienne, plus d’immeubles blancs de quatre étages où ils grimpaient planter un drapeau et jeter des bouteilles incendiaires. Tout a été soigneusement détruit à coups de roquettes d’hélicoptères et soufflé par des charges explosives posées en pleine nuit. Quant au bureau de liaison Palestine-Israël, il a été arasé au bulldozer.
Plus un mur n’est debout autour de ce carrefour-cimetière jonché de véhicules recroquevillés par le feu. " Mais regardez donc ! ", s’énerve Abou Yacoub. Lui ne voit que ces deux blindés israéliens qui croisent au carrefour, juste avant l’heure de la prière du vendredi : " Provocation ! Ils vont négocier à Charm el-Cheikh mais nous envoient leurs chars couper la route en plein centre de Gaza ! " Officier en civil, il a passé ces dernières semaines à surveiller ce carrefour maudit, des jours interminables à transmettre par téléphone à son QG l’état des affrontements et le bilan des " chebab ", les jeunes, tués par des balles réelles : " A la fin, je n’en pouvais plus et j’ai failli vendre les bijoux de ma femme pour m’acheter un revolver ! " Lui-même porte encore au poignet et à l’arcade sourcilière les cicatrices laissées par des éclats reçus lors d’une manifestation en 1996, sous Netanyahou. Depuis, il ne croit plus aux accords de papier : " Je ne veux qu’une chose : qu’on retire ces blindés de mon carrefour ! "
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19 octobre 2000
Malgré l’accord de Charm el-Cheikh, la paix est-elle morte ?
Israël : la peur et la colère.

Douze visages de l’angoisse, douze voix qui disent leur détresse et leur rage : nos envoyés spéciaux, Henri Guirchoun et Jean-Paul Mari, ont rencontré en Israël et en Palestine des hommes et des femmes qui vivent au coeur de la tourmente Netzarim (bande de Gaza)
ABOU YACOUB, POLICIER " Qu’on retire ces blindés de mon carrefour " Il bouillonne de rage, ne tient pas en place et vous pousse à découvert vers le carrefour de Netzarim, au centre de la bande de Gaza, où les affrontements ont duré deux semaines. " Regardez ! ", ordonne Abou Yacoub, le policier palestinien. On regarde et on ne reconnaît plus grand-chose. Bien sûr, le fortin militaire israélien est toujours là, bunker trapu aux allures de fin du monde, avec son grillage déchiré, ses tours et ses murs de béton noircis par les cocktails Molotov, entouré d’un jardin de pierres jetées par des manifestants qui ont laissé leur vie pour un tas de cailloux amassés au pied d’une forteresse conçue pour résister aux obus. Abou Yacoub insiste : " Regardez ! " Mais quoi ? Il n’y a plus le hangar derrière lequel s’abritaient les hommes de l’avant-garde palestinienne, plus d’immeubles blancs de quatre étages où ils grimpaient planter un drapeau et jeter des bouteilles incendiaires. Tout a été soigneusement détruit à coups de roquettes d’hélicoptères et soufflé par des charges explosives posées en pleine nuit. Quant au bureau de liaison Palestine-Israël, il a été arasé au bulldozer.
Plus un mur n’est debout autour de ce carrefour-cimetière jonché de véhicules recroquevillés par le feu. " Mais regardez donc ! ", s’énerve Abou Yacoub. Lui ne voit que ces deux blindés israéliens qui croisent au carrefour, juste avant l’heure de la prière du vendredi : " Provocation ! Ils vont négocier à Charm el-Cheikh mais nous envoient leurs chars couper la route en plein centre de Gaza ! " Officier en civil, il a passé ces dernières semaines à surveiller ce carrefour maudit, des jours interminables à transmettre par téléphone à son QG l’état des affrontements et le bilan des " chebab ", les jeunes, tués par des balles réelles : " A la fin, je n’en pouvais plus et j’ai failli vendre les bijoux de ma femme pour m’acheter un revolver ! " Lui-même porte encore au poignet et à l’arcade sourcilière les cicatrices laissées par des éclats reçus lors d’une manifestation en 1996, sous Netanyahou. Depuis, il ne croit plus aux accords de papier : " Je ne veux qu’une chose : qu’on retire ces blindés de mon carrefour ! "
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Ecrit par: liberty, Le: 19/01/09















